no trust
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En ce début de vacances je suis malade et ça me fait franchement chier. Sinon le festival du jeu vidéo c’était cool comme chaque année et ça fait toujours autant de bien de traîner avec des gens différents, de rencontrer d’autres personnes. Puis ça aide à penser à autre chose. D’ailleurs, y avait un jeune homme plutôt physiquement sympathique avec moi au bar à un moment, c’est toujours agréable. Puis je sais que j’ai un mini mémoire à rendre, un exposé à rédiger, un examen de latin qui arrive et encore d’autres examens en fait, et qu’est-ce que j’aimerais que ce soit déjà la fin. Je rêve d’être enfin tranquille, de lire des tonnes de livres sans penser à tout ce qui m’embête. J’ai envie de profiter de mes amis, de ma famille. Tout ça quoi. Je rêve de m’évader. 

Aujourd’hui j’ai relativement bien dormi comparé à d’autres nuits donc c’est cool mais je ne me sens pas mieux pour autant.

Tu es passionnée par tes livres. Du reste on dirait que tu n’aimes rien. C’est peut être parce que mes livres sont toujours là. Ils ne peuvent pas m’abandonner. Ils me réconfortent. Ils m’emmènent ailleurs. C’est comme ça depuis tellement longtemps. Et à chaque fois que ça ne va pas ça redevient comme ça. Je m’y enferme puis ça soulage. Pourtant, mes histoires préférées à moi et rien qu’à moi, ce sont bien les tiennes.

D’habitude je dors déjà pas beaucoup mais en ce moment c’est une catastrophe. Je fais des cauchemars en plus. Bref je suis épuisée, au bout du rouleau, tout ce que vous voulez. Mais bon, faut quand même faire avec.

Je crois que c’est la fin. Tu aurais pu me prévenir. Tu me dois encore une bière en plus.

Evidemment que je suis jalouse. Assurément que je la déteste de tout mon être. Peut être bien que je souhaite sa disparition. Ouais c’est pas très mature et encore moins intelligent. Je m’en fiche que ce soit ridicule, bête, enfantin. Elle m’agace avec ses airs de fille gentille et de sainte. Je crois que ce qui m’énerve c’est de savoir qu’elle, tu l’aurais pas laissé, elle, tu la laisses pas parce qu’elle, elle est comme il faut et que moi bah je le suis pas. J’ai l’impression d’être un problème, la sensation que tu as un peu honte. C’est clair que je suis jalouse. Elle a plus d’attention que moi. Elle est ce que je ne suis pas. Et actuellement je suis certaine que tu lui parles plus qu’à moi. C’est pas grave. J’ai l’habitude qu’on me mette de côté. J’ai surtout l’habitude que toi tu le fasses. Je sais que je suis pas très intéressante. C’est pas grave si tu fais comme mon père et que tu m’abandonnes. Je sais que c’est facile de m’abandonner. C’est pas grave si tu as ruiné ma confiance. Il ne me reste qu’à retourner au point de départ. Tant pis si tu veux plus de moi. Tant pis si je vaux pas le coup. Tant pis si je t’agace. Tant pis si tu veux plus rien sauver alors que c’est toi, ouais c’est toi putain, qui croyait qu’on pouvait encore nous sauver mais t’y crois plus, hein ? Tant pis alors je peux plus croire. Tant pis si je suis pitoyable. C’est pas ma faute si je suis misérable. Au final, tout ça, tout ça vient de toi. Si je suis comme ça. Si tout est comme ça. Je sais que tu vas me remplacer (peut être bien par elle !). Si c’est pas maintenant c’est plus tard. Les belles paroles, les belles promesses, tu les pensais pas autant que moi. Tu n’aimes pas autant que moi. Et tu sais, moi je cherche toujours à comprendre. Est-ce que je suis trop bête pour comprendre ? J’arrive pas à savoir comment on a fait pour en arriver là, comment on a fait pour tout perdre d’un coup. On avait tellement. On était ce couple ” Oh, vous au moins vous êtes encore ensemble “. Maintenant on va devenir ” Nan ? Vous êtes plus ensemble ? “. Et faudra expliquer. Sauf qu’on saura pas quoi expliquer parce qu’y a rien à expliquer. La vérité c’est que j’ai peur. J’ai peur parce que tu me manques à en crever et que je dois à peine effleurer tes pensées. J’ai peur parce que ça fait presque 4 ans qu’on est là dedans et que je pensais pas que ça se terminerait comme ça. Je nous croyais plus fort que tout ouais. Naïve. Terriblement naïve. Effrayée. Triste. Blessée.

QuietManon a neuf mois. C’est mon bébé. C’est 1015 abonnés. C’est ma chaîne de “booktubeuse”. La communauté livresque youtube est plutôt cool et même bien plus cool que la communauté beauté. On se parle tous. On parle de notre passion. On fait nos vidéos en toute simplicité et on donne nos avis de la même manière. Je n’y fais pas des commentaires littéraires comme à la fac. Je dis juste mon amour pour la lecture. Je fais un peu mon coming out. Je cache ma chaîne à beaucoup de gens. C’est que certains peuvent ne pas comprendre mais croyez-moi c’est cool quand on mélange youtube et les livres.

Je me demande pourquoi je laisse tout ça m’atteindre. Je ne vois même pas pourquoi je m’accroche encore. Et en fait, pourquoi on se parle ? On fait semblant, voila. Je fais semblant en tout cas. Lui il s’en fiche. Il vit bien. Il vit normalement. Y a rien qui le tracasse. Y a que moi pour sans cesse ressasser. Je sais que je suis pitoyable. Faut pas croire que je me voile la face. J’ai plus d’espoir. Je me dis que ça devait forcément se finir comme ça. S’il m’aimait vraiment y aurait pas autant de barrières mais bien des solutions. Cette histoire j’ai envie de l’oublier parfois. Entièrement. Même les bons moments. Ça laisse un goût amer de repenser au bonheur fané. Parce qu’il me manque. 

Je n’arriverai jamais à te suivre. Qu’est-ce qu’il se passe cette fois ? Tu ne veux pas  parler ? Très bien, alors ne parlons plus. Inutile de faire semblant. Je sens bien que quelque chose cloche. Si ça ne t’intéresse pas, si je ne t’intéresse pas, si tu ne veux pas que je m’intéresse. Ou peut être que les autres sont mieux. Ils ont toujours été mieux. Qu’est-ce que je vaux moi finalement ? Rien. Je suis juste la pauvre fille qui écrit. La même que celle du lycée. Aussi désespérément ennuyante, coincée et perdue. Je ne peux pas être plus. Je ne sers à rien. Mais tu vois, j’en ai assez d’être dépendante. Je ne vois pas pourquoi je devrais être celle qui rampe à tes pieds quand tu es celui qui a décidé de partir. Je suis fatiguée d’être vulnérable et atteinte aussi facilement. Je te laisse trop de pouvoir. Je donne toujours trop de pouvoir aux autres. Dans le genre, allez-y : faites-moi culpabiliser, détruisez-moi, mentez-moi, dites ce que vous voulez. Je répondrai oui. Comment on dit déjà ? Oh c’est vrai, idiote. Ou alors, mais non tu es bête, tu te fais des idées.  Ce n’est pas de ma faute s’il y a toujours matière pour. Pleine d’espoir mais l’espoir lourd. 

La foi en la vie, il ajoute, c’est de croire qu’il y a une place pour toi derrière le brouillard. En ce moment, tu penses que tu es tout petit, tout cassé, sans importance, mais quelque part, derrière ce gris, une place t’est réservée, une place où tu seras heureux… Alors ne juge pas ta vie par rapport à ce que tu es aujourd’hui, juge-la en pensant à cette place que tu vas finir par occuper si tu cherches vraiment sans tricher.
Muchachas - Katherine Pancol.

Se faire dédicacer un livre par son auteur préféré, gagner des places pour l’avant première du film adapté de sa trilogie et ça en compagnie d’une super copine, que du bonheur ❤️ 

Je pourrais écrire un livre sur notre histoire. Mais qui voudrait lire une histoire aussi étrange ?

Est-ce que tu ne me fais pas confiance ? J’ai dû te décevoir mais dis-toi que c’est réciproque. Et je crois qu’il n’y a rien de plus normal, c’est que personne n’est parfait, ni toi ni moi. On ne peut pas attendre de quelqu’un qu’il pense ou réagisse toujours selon nos désirs. On peut juste lui expliquer, le raisonner et lui montrer pour qu’il ne fasse plus la même erreur. C’est un processus aussi banal qu’inévitable. Alors de quoi as-tu peur exactement ?

Il m’écoutait parler. Tout le temps. Et de tout. Je lui racontais mes histoires de fille pas toujours très intéressantes ou peut être bien plutôt chiantes. Je lui citais aussi les plus belles phrases et lui dévoilais mon avis tout au long de mes lectures. En échange, moi j’adorais le récit de ses aventures ainsi que ses idées toutes plus loufoques les unes que les autres. Cela l’animait tant qu’il devenait une pièce de théâtre à lui seul. Je le trouvais beau dans ces moments. Je le contemplais à chaque fois avec des étoiles plein les yeux.

On regardait nos séries ensemble chaque vendredi. On passait souvent toute l’après-midi dans mon lit. On faisait des cupcakes quelques fois. On mangeait des pizzas ou des carbos. On riait fort. On jouait aux imbéciles. On se chatouillait. On se battait. On se cherchait sans cesse. On se trouvait toujours. On s’embrassait longuement. On se câlinait longtemps.

Il m’envoyait souvent des musiques. Je lui montrais mes écrits. Il me disait que ma plume était belle et je ne le croyais jamais. Je l’appelais le soir, pour pleurer ou pour discuter. J’avais toujours quelque chose à lui dire et lui aussi. Je lui écrivais des messages toute la journée et il faisait pareil. Il s’inquiétait pour moi. Il me réconfortait. Il me connaissait par cœur. J’admirais son talent artistique, son imagination, son grain de folie.

On se comportait comme des enfants mais on s’aimait vraiment. On ne s’ennuyait jamais même lorsqu’on ne faisait rien. On jouait à la console ensemble. On sortait le chien. On ne se disputait pas. On essayait de se rendre jaloux l’un l’autre. On se provoquait. On faisait des paris idiots. On se promettait de jolies choses.

Il était mon meilleur ami. Je lui avais tout dévoilé. Il m’apprenait à refaire confiance. Il me montrait autre chose. J’aimais tout chez lui. Son grain de beauté mutant. Son sternum trop en relief. Ses cheveux qu’on ne devait pas toucher mais avec lesquels je jouais quand même. Son grand nez. Son énorme sourire. Je ne voyais que lui.

Finalement, il ne reste que les bons souvenirs. Tout défile encore devant mes yeux. C’était parfait. On l’était. Je sais qu’il est mon âme-sœur mais je ne suis plus naïve et j’ai compris que des fois on ne finit pas sa vie avec cette personne là. Je me permets juste de rêver, de me rappeler. Je souffre encore mais il parait que ça va passer.

Je suis encore en colère mais je ne le hais plus. Je lui en veux encore mais je ne le déteste pas.